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Auteur Sujet: MA - Journal d'un naufragé  (Lu 49 fois)

Francois BONTE

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MA - Journal d'un naufragé
« le: juin 10, 2018, 08:24:58 pm »

Journal de Zangdar Erevor – 25 012/29-01

Je m’appelle Zangdar Erevor, collaborateur du Professeur Sanjit Payati, conseiller scientifique de Duala Shasmecka, Présidente de la Ligue des Planètes Libres.

Je commence ce journal car le vaisseau à bord duquel je voyageais a fait naufrage sur une planète inconnue et les observations scientifiques que j’ai pu ici effectuer ont une portée potentiellement suffisamment importante pour justifier qu’elles soient rigoureusement consignées.
Je transcris ces observations sur un vieux module-mémoire que j’utiliserai uniquement à cet effet afin d’économiser la batterie aussi longtemps que possible.

Notre vaisseau a été mis en contact avec une singularité non répertoriée alors que nous traversions probablement le quadrant Alpha prime 16 (ceci est une estimation approximative basée sur les relevés astrophysiques précédent le contact). Un groupe d’appareils hyperspatiaux non identifiés a opéré une insertion dans le tunnel hyperspatial, à l’encontre de toutes les lois de l’hyperphysique stellaire.

Ces appareils, au nombre de 9, mesuraient approximativement 10 mètres de long, 6 mètres de large et 4 mètres de haut. Ils avaient la forme d’un cylindre à section elliptique dont la partie avant était occupée par une verrière d’observation à droite et un armement offensif à gauche. L’armement faisait appel à une énergie de type calorifique de niveau 3. Leur mode de propulsion générait un dégagement de fumées évoquant la pyrolyse de combustibles fossiles. Cette dernière hypothèse me pousse à la perplexité  car une forme d’énergie aussi rudimentaire contraste avec l’apparente avance technologique de ces engins.

Les appareils ont immédiatement adopté une attitude belliqueuse à notre égard et ont fait feu sans sommations. Notre vaisseau, gravement endommagé, a quitté le tunnel hyperspatial, suite je suppose à un arrêt d’urgence provoqué par le générateur, et a traversé un immense phénomène astrophysique non répertorié : une projection plane circulaire de plusieurs kilomètres de diamètre constituée de motifs géométriques et de calligrammes inconnus.

Suite aux considérables dégâts enregistrés par notre navire, nous avons fait naufrage sur une petite planète de type M, majoritairement aquatique, au climat tropical modéré. L’atmosphère est respirable et la gravité standard. Le cycle diurne a une durée approximative de 40 heures standard.

Durant la rentrée atmosphérique, nous avons enregistré le signal d’une balise de détresse et le pilote est parvenu à nous poser sur la masse continentale qui en était l’origine. Mais une grande partie de l’équipage à trouvé la mort dans le naufrage et le vaisseau est irréparable. Il gît sur une plage, brisé en plusieurs morceaux. Les machineries ont intégralement brûlé.

Les survivants sont au nombre de neuf : le capitaine et son second, un canonnier et deux fusiliers, une mousse, deux passagers et moi-même. Nous avons enterrés six victimes et quatre sont portées disparus.

Je souffre de deux fractures importantes et d’un léger traumatisme crânien mais les nanomachines ne tarderont pas à me remettre sur pied. Les autres survivants ne souffrent que de légères contusions, à l’exception de la jeune mousse, dont l’état me préoccupe beaucoup. Je la soigne de mon mieux mais ses fonctions vitales sont atteintes de manière très critique.

Nous avons pu aménager un camp de fortune à proximité de l’épave, en lisière de la jungle. Nous nous apprêtons à passer une première nuit sur cette planète inconnue. J’espère que la jeune Magdira sera encore en vie demain ; les prochaines heures seront déterminantes.
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Francois BONTE

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Re : MA - Journal d'un naufragé
« Réponse #1 le: juin 13, 2018, 08:16:54 pm »

Journal de Zangdar Erevor – 25 012/29-03

La jeune Magdira a survécu à sa blessure. Elle mettra quelques jours à se remettre. Je sens pour ma part mon ossature se reconstituer progressivement. Les nanokits de la Ligue sont vraiment de merveilleux atouts médicaux.

La planète qui nous accueille me mène de découverte en découverte. Le méta-scanner indique une atmosphère respirable composée en grande partie d’azote et d’oxygène, couplés à de petites proportions de gaz rares. La distance à l’horizon suggère un diamètre compris entre 8 et 10 kliks.

J’estime sa vitesse de rotation équatoriale à 1,45 kliks à l’heure. La brièveté des nuits associée à la longueur des jours laissent supposer une inclinaison supérieure à 45 degrés. Les jours durent 47 heures et 14 minutes et les nuits 7 heures et 54 minutes. Ce rythme met à rude épreuve notre horloge interne nycthémérale. Nous avons convenu de faire une longue sieste lorsque le corps stellaire local est au zénith afin de préserver nos organismes.

Cette planète abrite une faune et une flore riches et surprenantes. Des crustacés décapodes jaunes et bleus d’organisation symétrique décaradiaire errent le long des plages. Leur carapace en forme d’ampoule abrite une vessie natatoire qui leur permet de se laisser dériver entre deux eaux à la recherche de plancton. Un de nos fusiliers en a tranché un en deux dans l’espoir de le manger mais leur chair semble de peu d’intérêt.

Les abords de la jungle regorgent en revanche de végétaux qui produisent des fruits délicieux et apparemment riches en nutriments essentiels. Des baies juteuses et sucrées poussent en massifs multicolores. Des troncs hérissés de pointes portent des drupes ligneuses recelant un mucilage riche en sucres lents.

Un de nos compagnons s’est attiré l’affection d’un oiseau aptérygote au bec crochu et allongé qui semble apprécier les drupes ligneuses. L’animal se déplace sur des membres postérieurs imposants et semble riche en protéines et en matières grasses. Sa morphologie le rend incapable de cueillir les fruits sans s’embrocher sur les pointes de l’arbre, aussi notre compagnon a décidé de tenter sa domestication par la nourriture. Le reste du groupe accepte d’engraisser l’oiseau car celui-ci représente une autre façon d’éviter un rationnement trop rigoureux.

Notre avenir proche sur la planète semble donc pour l’instant nous éviter les affres de la faim. Nous allons maintenant nous pencher sur la question de cette fameuse balise de détresse, située à quelques 150 kilomètres de notre position.
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